Dans la pré-histoire, la Sardaigne fut le berceau d'une civilisation propre : la civilisation Nuragique. Disparue dans l'antiquité sous diverses invasions, on en sait aujourd'hui peu de choses, en dépit des nombreux vestiges (7000) qu'elle a laissés.
Pour vous faire une idée de la civilisation Nuragique, voici une reconstitution virtuelle en 3 dimensions du sanctuaire de Serri réalisée par mon ami Filippo Di Todaro:
| 400.000 à 150.000 avJC | Possibles traces de première présence humaine (non attestée) : On trouve des pierres taillées, mais des silex de cette forme existent à l'état naturel. |
| 35.000 à 10.000 avJC | Trace de possible présence humaine (non attestée) : Ossements non datés directement trouvés dans une couche géologique, elle, datée de cette époque. |
| 6.000 avJC | Les premiers habitants venant de la péninsule italienne, de la péninsule ibérique via les Baléares et d'Afrique du nord s'établissent et importent du blé et des animaux domestiques. |
| 6.000 à 1.800 avJC | - Échanges commerciaux avec le reste de la Méditerranée, en témoigne l'obsidienne du Monte Arci avec laquelle il se fabriquait des tranchants de lames que l'on retrouve dans tout le bassin méditerranéen. - organisation en tribus, puis villages - premiers signes religieux (dolmen, Domus de Janas) - céramiques - avec l'apparition des armes en métal, une nouvelle classe dominante se crée : les guerriers qui témoignent du besoin de défense déjà ressenti. |
| Vers 1.800 avJC | Apparition de la société Nuragique, véritable socle de la culture et de la société sardes. Cette civilisation, issue du monde mégalithique et qui a évolué de manière originale, reste encore très mystérieuse. Elle a laissé son empreinte sous formes de Nuraghes (ou Nouraghes), des constructions en forme de tronc de cône faites de grosses pierres. On en compte environ 7000 répartis dans toute la Sardaigne. Parmi les autres témoignages laissés par cette civilisation (aussi appelée "de Bonnanaro"), des vases et des bronzes, des puits sacrés et des tombes de géants. |
| Vers 1.000 avJC | Les Phéniciens débarquent sur l'île et fondent des villes le long des côtes qui leur servent d'étapes dans leur trafic commercial avec la péninsule Ibérique et plus loin la Grande Bretagne. Au cours du temps, ces colonies établissent un commerce avec les populations de l'intérieur de l'île. |
| Vers 900 avJC | Début du déclin de la civilisation Nuragique et premières statuettes en bronze. |
| à partir de 545 avJC | Premières attaques des Carthaginois (Puniques), puis domination par ceux-ci qui établissent des forteresses militaires, soumettent une partie de la population en esclavage et font payer de lourds impôts aux autres. Seule une vaste région de l'est de l'île résiste au nouveaux maîtres. |
| 258 avJC | Guerre Puniques ↔ Romains (également en Corse) qui aboutit après maintes horreurs à la cession de la Sardaigne par le pouvoir carthaginois aux Romains en 238 avJC. |
| 238 avJC à 442 après JC | Occupation par l'empire Romain qui, ici comme ailleurs, construit un réseau routier. Les plaines fertiles de la Sardaigne sont le grenier à blé de Rome. La région de l'est qui avait résisté aux Phéniciens puis aux Carthaginois continue de résister. Les Romains la baptiserons "Barbaria" car ils qualifient ses habitants de barbares. Cette région existe toujours et s'appelle aujourd'hui du nom voisin de "Barbagia". L'occupation romaine marque la fin de la civilisation Nuragique. De nombreuses révoltes, toutes mâtées dans le sang, ponctuent l'occupation romaine. Rome exile de nombreux juifs et chrétiens en Sardaigne, lesquels vont christianiser la Sardaigne. En 227, la Corse-Sardaigne devient une province statutaire de l'empire, mais il est sur son déclin et il abandonne petit à petit la Sardaigne. |
| 442 | Traité entre l'empire Romain et le roi des Vandales (les Vandales après leur victoire sur Carthage occupent une partie de l'Afrique du nord). |
| 456 à 534 | Domination des Vandales ponctuée par des razzias et des insurrections sardes soutenues par les Romains. |
| 534 à 710 | Prise de pouvoir par les Byzantins vainqueurs des Vandales. La marque la plus profonde sur la population par les Byzantins sera sa complète christianisation. |
| 710 à 821 | Dans la phase d'affaiblissement de l'empire Byzantin et pendant sa lutte contre les Arabes, les incursions de ces derniers en Sardaigne se font de plus en plus nombreuses. Ils parviennent à être en position de domination à compter de l'an 710, mais ils seront chassés par une révolte populaire en 778. Ils feront une ultime tentative infructueuse d'invasion en 821. |
| 821 au XIème siècle | La Sardaigne est alors indépendante de toute domination extérieure. Une administration de type féodal est créée qui consiste en "Judicats" (du fait que les juges faisaient partie des membres du pouvoir). Au nombre de quatre ces territoires avaient à leur tête un roi nommé par un parlement sarde. Le système va durer longtemps encore, y compris pendant les dominations et prises de contrôle qui vont suivre. Le plus célèbre de ces rois est une femme nommée Eleonora d'Arborea (Judicat d'Arborea, ou Arborée en Français). Elle institue vers 1392 le premier code civil d'Europe. De 1015 à 1017 : courte domination arabe qui conduit à une forte ingérence de Gênes et surtout de Pise, toutes deux envoyées par le Pape contre les Arabes. |
| XIème au XVème siècle | Période d'ingérence, de domination et de contrôle plus ou moins prononcé en fonction des intérêts et des rivalités des villes de Gênes et Pise. En 1302, Eleonora d'Arborea s'allie avec les Aragonais avec le soutient du Pape Boniface VIII pour combattre Gênes et Pise. Elle réussi de cette façon à redonner une indépendance au judicat d'Arborée qui reste le seul et englobe pratiquement toute la Sardaigne. Mais le Pape a l'ambition de créer un royaume Corse-Sarde sous domination Aragonaise. En 1409 le judicat d'Arborée est définitivement vaincu et les Aragonais vont fortement influencer les coutumes Sardes jusque dans la langue y comprise. Aujourd'hui encore à Alghero, par exemple, on parle Catalan. |
| XVIème à 1847 | Au gré des guerres se déroulant sur le continent Européen et des traités qui les suivent, la Sardaigne alors un royaume, sera rattachée successivement à la Maisons d'Autriche, au Royaume d'Espagne, à la Maison de Savoie, mais elle est globalement abandonnée à son sort jusqu'à son assimilation avec les états continentaux (Piémont, Savoie et Ligurie). |
| 1848 à 1860 | Participation de tout premier plan de la Sardaigne au "risorgimento", mouvement unificateur de l'Italie dont la figure de proue est Garibaldi. 1860 : Traité de Turin (la Savoie et le conté de Nice deviennent Français) |
| 1861 | Le Royaume d'Italie est proclamé. |
| 1861 à nos jours | Intégrée complétement à l'histoire de l'Italie mais très peu soutenue dans son développement économique et durement touchée dans sa population par la première guerre mondiale, la Sardaigne ne connaîtra pratiquement aucun développement économique du type industriel. Seul Mussolini réussira a développer l'exploitation minière en Sardaigne... malheureusement cela aboutira aussi à exploiter son peuple encore plus intensément. C'est en raison de l'amertume des Sardes qui constatent que rien n'est fait pour le développement de leur l'île, surtout au regard du prix payé par la population pour la "grande guerre", que naît un parti séparatiste : le Parti d'Action Sarde. Pendant la seconde guerre mondiale, la Sardaigne est relativement à l'écart du conflit mais les villes importantes sont bombardées par les alliés. |
| 1948 | La Sardaigne est dotée d'un statut de région autonome à statut spécial afin de mettre fin aux tendances indépendantistes. |
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